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Elle dit : des soifs, des besognes. Des mots qui se consument par étapes. Combien de feuillées derrière elle ? Combien de nuits ? De cercles tracés ? De remous d’oiseaux ? Et combien de rêves déplacés dans le sommeil des caravanes ? De cirques, de secrets enfouis sous la terre, baisant la source, fruitière, sous les branches maîtresses, dans le vert alluvial, la parade des menhirs ?
Voyages de sable et d’eau. Elle dit qu’elle vient d’un hameau oublié : enfance démâtée, amarrée aux vents. Ici, là, des témoins révèlent des plis plus profonds, villes emportées, menées d’un pouce. On a hissé les murs de paroles, brandi les tréteaux. Elle ne cherche rien, elle enjambe, caillouteuse, par les routes intérieures au milieu des poutrelles, éperons de ferrailles, de câbles, tranchant ras dans les brumes opaques, échos sourds des dallages quand plus rien ne se projette à l’aube que le halo d’une gare, le tic-tac d’une horloge, l’oiseau repoussant toujours plus loin les limites de son cercle, la roue du paon sortie de l’essieu. On voudrait ne plus songer à rien, ni au temps, ni au soir, ni aux manèges qui s’emballent, le chapeau envolé par la fenêtre, le journal déchiré, reconstitué dans l’urgence de l’aube : des mains la rattrapent sur la piste du temps. Et toujours « Qui ? », « Quand ? », « Quoi ? », des questions comme un boomerang dans le ronflement d’une voix qui lui parvient en vent contraire.
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